Donner aux producteurs les moyens de développer leurs ventes localement

André PeuletConseiller général du canton de Lugny et président du Pays Sud Bourgogne, André Peulet travaille au développement des filières courtes, pour répondre aux besoins des agriculteurs et des consommateurs.

Depuis quand les filières courtes sont-elles au cœur de vos préoccupations d’élu ?

En tant qu’ancien viticulteur, je sais combien les circuits courts participent à la valorisation des produits. Les producteurs en tirent des revenus plus importants et les consommateurs sont certains de la provenance. La réflexion sur l’avenir du monde agricole bourguignon a pris de l’ampleur au début des années 2000 ; j’ai beaucoup travaillé à la coordination des projets lorsque j’étais président de la commission de l’agriculture du Conseil général de Saône-et-Loire. Les collectivités ont un rôle moteur sur le sujet et doivent avancer main dans la main. J’œuvre aussi en faveur des filières courtes en tant que Conseiller général et Président du Pays Sud Bourgogne, association réunissant les partenaires de 93 communes pour coordonner les actions des collectivités, des associations et de la société civile en matière économique, agricole…

Quels projets avez-vous mené en faveur des filières courtes ?

Le Pays Sud Bourgogne a réalisé, en 2009, une étude sur le développement des circuits courts en agriculture conventionnelle et biologique. Cela nous a permis de recenser très précisément les producteurs qui commercialisent déjà localement et de mieux cerner leurs besoins. Ils manquent de moyens pour développer ces filières. Fournir des restaurants de collectivités en produits de la ferme demande une capacité de livraison, une régularité de la production et une possibilité de transformer soi-même ses produits.

Le Conseil général de Saône-et-Loire a attribué des aides pour installer des lieux de transformation collectifs, de petits abattoirs pour la volaille par exemple, et des magasins de vente directe tenus par plusieurs agriculteurs. Il travaille aussi à sensibiliser les collèges en leur montrant qu’il est possible de préparer un repas qu’avec des produits locaux. Sur les cantons de Cluny et Lugny, les cantines des écoles primaires se sont regroupées : les producteurs peuvent ainsi les livrer plus facilement. L’idée d’une plateforme virtuelle comme Loc’halles Bourgogne est née en 2009. Cela peut constituer un véritable déclic chez les agriculteurs bourguignons pour qu’ils approvisionnent régulièrement en produits de qualité tous ceux qui le souhaitent et pour coordonner les besoins de toutes les parties de cette chaîne vertueuse.