Les défenseurs de la Charolaise

Frédéric DebackerÉleveur de Charolais à Diennes-Aubigny, dans la Nièvre, depuis 14 ans, Frédéric Debacker est aussi président de l'association Boeuf Academy qui a créé la marque Charolix. Avec onze autres éleveurs, il travaille au développement de la vente directe.

Dans quel contexte est né Charolix ?

Après la deuxième crise de la vache folle, les pratiques des éleveurs étaient montrées du doigt. Attachés aux pratiques traditionnelles et à l’élevage extensif, nous nous sommes interrogés sur les intermédiaires de la filière et avons réalisé une étude de marché afin d’évaluer les besoins et de voir le rôle que nous pouvions jouer « en direct ». L’association Bœuf Academy est ainsi née en 1998 de la volonté de cinq éleveurs du Nivernais et de leurs familles d’unir leurs forces pour trouver d’autres solutions et débouchées. Les incidences de la crise économique, notamment l’augmentation du coût des matières premières couplée à la baisse des aides, nous ont poussé à créer et à développer de la valeur ajoutée. Aidés par une agence de communication locale, nous avons lancé la marque Charolix il y a deux ans pour nous démarquer et faire savoir notre savoir-faire !

Vos démarches de petit groupe indépendant portent-elles leurs fruits ?

Nous fournissons 110 animaux par an au centre Leclerc de Decize. Dès la première année, la distribution de viande régionale a occasionné une augmentation de 20 % des ventes au rayon boucherie. De notre côté, la suppression d’intermédiaires permet de générer une plus-value de 250 € par animal. Et comme les modes de consommation ont évolué, nous proposons aussi des plats transformés à base de viande de bœuf charolaise élaborés par un prestataire du Morvan. Nous avons aussi mis au point la Charoliette, une rillette de bœuf légère. Aujourd’hui, nous travaillons avec deux centres Leclerc et nous distribuons aussi nos produits en épiceries fines, bars à vin, marchés de producteurs… Nous avons également lancé un concours avec les lycées de la Nièvre : la classe qui vendra le plus de Charoliette recevra une prime pour son voyage de fin d’année.

Que représente pour vous la plateforme Loc’halles Bourgogne ?

Nous croyons à 200 % en cette démarche ! Les interprofessions ont tout intérêt à travailler ensemble pour exister et cette initiative prouve que nous sommes en plein dans l’actualité. Même si nous manquons de temps, notre concept basé sur la relation humaine et l’intelligence collective fonctionne depuis dix ans. C’est une reconnaissance d’avoir été contacté pour être référencé sur cette plateforme numérique. Nos cinq exploitations correspondent à 1 000 animaux à vendre par an. Nous sommes intéressés par la restauration hors domicile et aux collectivités. Notre objectif est notamment de fournir de la viande charolaise aux cantines, maisons de retraite, hôpitaux… de Bourgogne.